Biographie

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Avec « Monde Nouveau Monde Ancien », son premier album sorti en 2009, puis « Le soleil brille pour tout le monde ? », une mise en musique de textes inédits et militants de Prévert en 2011, Frédéric Nevchehirlian, désormais appelé « Nevché », a tracé une route sinueuse et singulière entre rock, slam et chanson.
Un nom compliqué, un genre indéfinissable, une démarche de développement artisanale et militante, ce capétien de français n’avait pas tous les atouts pour vivre de sa musique dans le contexte que nous connaissons depuis une décennie.

Et pourtant après 6 ans et 3 albums, c’est plus de 20 000 exemplaires vendus, 400 dates partout en France et à l’étranger, un accompagnement de structures nationales, telles que le Festival des Francofolies, Marsatac, le centre culturel Paul B, ou la Sacem pour ne citer qu’eux, qui confirment un phénomène récurrent : on aime aussi dans l’hexagone une expression exigeante autour du mot.

Son dernier album, « Rétroviseur », écrit en collaboration avec Ronan Chéneau (auteur de théâtre connu pour ses pièces Fées et Cannibales), et réalisé par Jean Lamoot (réalisateur d’Alain Bashung, Salif Keita…) est le récit sans compromis, abrupt et romantique d’une adolescence à Marseille. Une adolescence d’hier et d’aujourd’hui dans cette ville, qui, loin des clichés d’une cité ensoleillée, excessive et au fort accent, apparaît dans cet album comme on ne l’a jamais présentée : les couleurs sont lessivées (« Si nous marchons ensemble »), c’est souvent l’hiver, le mistral siffle, les plages sont vides (« Marseille »). On y retrouve aussi la ferveur des premières amours silencieuses (« Grands brûlés de l’amour »), les errances existentielles (« Vas-tu freiner ? »), l’atmosphère des longues soirées sur les parkings, et les rêves adolescents de « tout défoncer » (« Sur le parking »). Sans nostalgie, aucune. Une adolescence commune. Comme partout ailleurs.

Enregistré entre Dakar, Marseille, Paris et l’île de la Réunion, « Rétroviseur » est un disque post-capitale de la Culture dans lequel les souvenirs sépias et velourés invitent à imaginer l’avenir sans paillettes ni projecteurs.

Artiste ancré dans sa réalité, Frédéric a, au fil des ans, multiplié les rencontres et les collaborations (Serge Teyssot-Gay, Mike Ladd, Saul Williams, L, Marcel Kanche, Rodolphe Burger, BabX, Thomas de Pourquery), a initié à Marseille le micro-Festival « Gravitations », autour du mot mis en musique (ont été invités en autres Dick Annegarn, Sandra N’Kaké, Michel Cloup, Ottilie [B]., Dimoné, Wladimir Anselme, Sammy Decoster, Dgiz, Peter Van Poehl, des poètes sonores, etc.) et a fondé une coopérative culturelle, « Internexterne », qui assure la production de disques, de spectacles, et l’accompagnement d’artistes émergents.

En janvier 2015, Frédéric a été appelé à participer en tant qu’artiste associé et conseiller musique à la programmation, au projet de Francesca Poloniato, nouvellement nommée à la direction de la scène nationale du Merlan à Marseille.

Comme un autre chemin, une autre façon de vivre la musique, de vivre de la musique.